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un modèle social et professionnel déséquilibré
Plusieurs raisons expliquent le développement du phénomène de mal-être au travail : d’abord, par rapport aux années 1970, nous sommes passés à une économie beaucoup plus incertaine. La crise économique et financière, la montée du chômage, la précarisation du travail rend l’emploi plus difficile psychologiquement. Ainsi, aujourd’hui l’insécurité économique et les difficultés financières et monétaires affectent beaucoup de français. D’après l’étude Qualité de vie et Bien-être de l’INSEE, et selon une étude DARES, 24% des salariés déclarent s’inquiéter de perdre leur emploi…
D’autre part, le monde du travail se transforme et d’une certaine façon, la pression sur les salariés augmente. Les salariés sont de plus en plus souvent des cadres ou des salariés ayant une certaine autonomie de travail mais aussi des responsabilités plus fortes. En 1990, seuls 10% de la population étaient des cadres (2,3 millions de personnes), aujourd’hui ils sont 18% (5.2 millions de personnes). Dans ces emplois, on attend des salariés qu’ils soient plus proactifs que jamais, qu’ils prennent des risques, qu’ils s’engagent sur des objectifs et qu’ils ne comptent plus leurs heures.
Ainsi, toujours d’après la DARES, un employé sur deux travaille dans l’urgence, et 35 % des travailleurs reçoivent des ordres ou indications contradictoires dans le cadre de leur travail. Près d’un tiers des salariés considèrent leurs relations de travail comme étant des sources de tension. 64% des salariés (74% des cadres) déclarent devoir s’interrompre régulièrement pour effectuer des tâches imprévues dans leur travail, ils sont 30% à estimer qu’ils n’ont pas l’autonomie nécessaire pour régler eux-mêmes les incidents et blocages dans le cadre de leur travail.
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quand le travail déshumanise

Robotisation, productivité, travail à la chaîne,…. Et le bien-être des salariés ?
En plus de ces facteurs organisationnels, beaucoup de salariés notent que le monde du travail aujourd’hui manque d’humanité et de réels liens humains. Plus d’un tiers (36%) des actifs déclarent ainsi qu’ils manquent du soutien ou de la coopération de leurs collaborateurs (ou hiérarchie) et qu’ils n’ont pas l’impression de faire vraiment partie d’une équipe. 27% estiment également qu’ils manquent de reconnaissance au travail au quotidien. La notion de “relation humaine” au travail semble se déliter au profit d’une notion de “ressource humaine”. Et pourtant elle est le facteur numéro 1 du bien-être et de la bonne ambiance au travail !
Mais ce n’est pas tout : il semble que le monde professionnel soit déconnecté des dimensions émotionnelles : 31% des actifs déclarent être obligés de cacher leurs émotions et de “faire semblant” au travail. Ils sont aussi 18% à devoir “éviter de donner leur avis” dans le cadre professionnel. Résultats, moins d’un salarié sur deux (44%) estime que son travail est un moyen de s’épanouir dans la vie. Près d’un salarié sur 10 déclare qu’il doit effectuer au quotidien des tâches qui sont contraires à ses valeurs !
Dans ces conditions, difficile d’imaginer que les salariés puissent s’épanouir dans leur travail, dans leurs relations de travail.
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Le coût social et économique du mal-être au travail
Et ce mal-être psychologique, contrairement à ce que l’on pourrait penser, est loin d’être un problème anodin. Il coûte même très cher ! Une étude menée par Gabriel et Liimatainen en 2000 a mis en évidence que les problèmes de santé notamment psychologiques, engloutissent 3 % à 4 % du PIB au niveau européen. En France, d’après l’INRS, le stress et le mal-être psychologique représenteraient près de 1,6 milliards d’euros de dépenses pour la sécurité sociale, soit près d’un cinquième de toutes les dépenses de la branche “Accidents du Travail et Maladie Professionnelles” ! Le stress professionnel représenterait au total plus de 60 % des journées de travail perdues au niveau de l’Union européenne.
Absentéisme, baisse de la productivité, baisse de l’attention et de la motivation, mais aussi diminution de l’intégration des équipes et de l’engagement des salariés : le stress au travail peut avoir des conséquences importantes sur les entreprises et sur leur performance. Les conséquences du stress peuvent aussi aller plus loin et affecter la santé physique des salariés et leur capacité à faire correctement leur travail.